Contes et Légendes : La Naissance du Sahara

La Naissance du Sahara

Conte du Maghreb

La Naissance du SaharaDans un village du Sud près de Touggourt en Algérie, vivait un marabout, sage, estimé et très bon.

Il priait à longueur de journées et même par les nuits de clair de lune; on pouvait voir sa silhouette se découper dans le ciel clair obscur, égrenant son chapelet et méditant sur la gentillesse ou la méchanceté des hommes, en communion avec son Dieu, c’est à dire Allah !

Il était respecté par tous les gens du pays et on venait de loin pour lui demander conseil.

Un jour qu’il méditait, assis sur son tapis de prières, il vit venir à lui un grand seigneur, accompagné de son armée. Il venait le voir afin de lui demander son aide et celle de ses sujets pour se battre et défendre leur terre si riche et si fertile que beaucoup d’ennemis convoitaient.

Le sage marabout sentit là un très mauvais présage, mais promit toute son aide à ce puissant seigneur.

Il descendit de la montagne sur laquelle il vivait isolé, au milieu des grands arbres, des fleurs, de la verdure, des sources et des chants d’oiseaux, afin d’aller demander aux habitants de cette belle oasis de paix et de fraîcheur, de ce paradis merveilleux, d’offrir leur aide au pauvre seigneur, si ennuyé par les armées ennemies.

Mais les habitants de ce pays si doux, situé en plein coeur d’une région que l’on appelle maintenant le Sahara, répondirent par un refus catégorique et ils firent la sourde oreille à ses exhortations. Ils étaient si heureux ainsi, si tranquilles ! Il fallait les laisser en paix.

Privé de leur aide, le puissant seigneur fut battu, ses troupes décimées. La colère du vieux marabout fut alors terrible.

Il partit, son bâton de pèlerin à la main, maudissant ce peuple, son peuple, qui n’avait pas voulu donner son aide au seigneur, et envoya des malédictions sur cette terre fertile qui, peu à peu devint sèche et aride.

Les rivières se tarirent dans leurs lits, les arbres périrent d’une étrange maladie, les beaux jardins emplis de fleurs et la verdure qui faisaient de cette contrée une des plus riches du Sud dépérirent, il ne resta plus que des tas d’herbes sèches que le vent violent du désert emporta bien loin.

Plus d’eau, plus d’arbres, plus de verdure, donc plus de fraîcheur !

La région devint un pays désertique et nu, où quelques pousses s’accrochèrent péniblement çà et là, on l’appela Sahara.

Mais Dieu eut pitié de cette terre désolée.
Soufflant sur des pétales de roses, il en forma des oasis, où l’eau coule fraîche et limpide, où des palmiers donnent une ombre agréable aux pauvres habitants de ce pays qui fut jadis si riche et qui est devenu un vaste désert.

Extrait du livre Contes et Légendes du Maghreb

de Mireille de Régla, édition Nathan 1968.

 

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